Ibn Ashir Al Maliki et le sadl


Dans son célèbre poème  « al mourchid al mou3ine »   l’imam Ibn Ashir (voir biographie en dessous) nous parle du sadl et de sa valeur dans la prière selon l’école malikite :

Selon Ibn ‘âshir, les « mandûb» de la prière (choses préférables et moins importantes que les sunanes) sont au nombre de 21 :

1. Le fait de faire à droite le Salâm (qui clôture la prière)(tayâmunu as-salâm)

2. Dire « âmin » (à voix basse) après la lecture de la Fâtiha; sauf pour l’Imâm quand il lit la Fâtiha à voix haute, ce sont les gens dirigés qui diront « âmin ».

3. Dire après s’être redressé de l’inclinaison (rukû’) et après avoir dit : »sami’a Allahu li mane Hamidahu » :dire: « rabbanâ wa laka l-hamd » (sauf pour l’Imâm: il ne dira pas:« rabbanâ wa laka l-hamd » mais seulement: »sami’a Allahu li mane Hamidahu » )

4. Réciter le Qunût (des invocations(du’â) spéciales) après la Sourate de la deuxième rak‘at du Subh et avant l’inclinaison (rukû‘) de celle-ci. Le Qunût se fait silencieusement.

5. La tasbîh pendant l’inclinaison (dire : « subhâna rabbiya al-‘azîm ») et pendant la prosternation (dire : «subhâna rabbiya al-a ‘lâ»)

6. Ar-ridâa : mettre un habit beau : (qu’il met sur ses épaules en plus de son habit) ( ou entre autre qui couvre la tête, le cou et qui permet plus de beauté (zîna) et de sérénité : comme le turban (‘amâma) ).

7. Le Sadl (laisser les mains libres : tendues vers le bas) pendant la prière obligatoire.

8. Dire : « Allahu akbar » (en dehors de « takbîrat al-ihrâm » qui est obligatoire) en accompagnant les actes de la prière (sauf quand on se relève de l’inclinaison : pas de takbîr). Quand on se lève de la position assise après le «tashahhud du milieu» : il ne faut dire « Allahu akbar » qu’une fois complètement levé (debout).

9. Pendant la position pour le tashahhud : fermer les doigts de la main droite sauf l’index et le pouce.

10. Pendant la lecture du tashahhud le fait de bouger l’index (de la main droite bien sûr), tout en tendant le pouce et l’index (l’index est tendu et bougeant seul) et en maintenant les mains posées sur les cuisses près des genoux.

11. Ne pas coller le ventre contre les cuisses, ni approcher les coudes aux genoux dans la position de prosternation. Pour la femme, une position plus jointe est préférée.

12. S’assoire de cette façon :
Il est écrit dans le Muwattaa : Chapitre XII comment doit-on s’asseoir pendant la prière :
Yahia Ibn Saïd a rapporté que Al-Kassem Ibn Muhammad montra aux fidèles la façon de s’asseoir pour faire le Tashahhud : il dressa son pied droit, plia le gauche, s’assit sur sa hanche gauche, et ne s’asseoit pas sur son pied (gauche). Puis il dit : « Abdullah Ibn Omar m’a montré cela en disant qu’il a vu son père faire de même ».
Selon Ibn abî Zayd dans sa Risâla chapitre 10 :
Il placera le pied droit en position verticale, la partie inférieure des orteils reposant sur le sol, il repliera le pied gauche et fera porter la fesse sur le sol en évitant de s’asseoir sur le pied gauche. S’il le veut, il inclinera le pied droit [préalablement] placé en position verticale et fera ainsi toucher terre au coté du gros orteil. En effet, ces dispositions n’ont aucun caractère strict.
(il est préférable pour l’homme en position assise d’espacer les cuisses et ne pas les joindre)

13. et 14. Mettre les mains sur les genoux en position d’inclinaison, avec les genoux droits (sans les courber).

15. Le fait que celui qui est dirigé par l’Imam lise la Fâtiha et la Sourate dans la prière qui ne se fait pas à voix haute (dans celle qui se fait à voix haute : il faut plutôt qu’il écoute attentivement son Imam).

16. Dans la position de prosternation: Les mains(ouvertes) seront à hauteur des oreilles (prés des oreilles ou en bas de celles-ci), avec les doigts joints(serrés) et en direction de la Qibla.
(On ne laissera pas les avant-bras reposer sur le sol ni les bras joints aux flancs(janb) : on éloignera modérément ces derniers de nos flancs.Pendant la prosternation aussi, les pieds seront posés verticalement, la face interne des gros orteils contre le sol)

17. Lever les mains à hauteur des oreilles dans la « Takîrat al-ihrâm » pour commencer la prière, ou au niveau des épaules.

18. Le fait de lire avec une des Sourates longues du Mufassal dites « Tiwâl al-mufassal » dans chacune des rak’at de la prière du Subh et dans chacune des deux premières Rak’at de la prière de Zuhr (pour leurs deux Sourates); lire avec une des Sourates moyennement longues du Mufassal dites « Awâsit al-mufassal » dans chacune des deux premières Rak’at de la prière de ‘Ishâ(pour les deux Sourates); et lire une des petites Sourates du Mufassal dites « Qisâr al-mufassal » dans chacune des deux premières Rak’at de la prière de ‘Asr et Maghrib(pour leurs deux Sourates).
Notez que:
« Tiwâl al-mufassal » veut dire : une sourate parmi les Sourates situées entre la Sourate 49(al-hujurât) incluse jusqu’à la Sourate 80(‘Abas).
« Awâsit al-mufassal » : une sourate parmi les sourates situées entre la sourate 80 incluse et la Sourate 93(adduhâ) incluse.
« Qisâr al-mufassal »: une sourate parmi les sourates situées entre la sourate 93 incluse et la Sourate 114 incluse (la fin du Coran).

Quant à celui qui dirige la prière (l’Imâm), il lui convient plutôt de prendre en considération l’état des gens dirigés (s’ils peuvent ou non tolérer de longues récitations) et leur souhait…

19. Le fait que la sourate (ou les versets) lue pendant la première rak’at soit plus longue que celle de la deuxième rak’at.

20. Le fait d’écourter la position assise pour le « tashahhud du milieu » (qu’elle ne soit pas plus longue que celle pour le « dernier tashahhud » )

21. Pour se prosterner, mettre d’abord les mains avant les genoux et pour se relever vers la position debout lever d’abord les genoux avant les mains (si possible).

BIOGRAPHIE D’IBN ASHIR :

Abû Mâlik ‘Abdul Al-wâhid Ibn Ahmad Ibn ‘Ali Ibn ‘âshir Al-ansârî (d’origine médinoise puis andalouse), naquit en 990 de l’hégire (1582), il vécut à Fès et mourut en 1040 de l’hégire (1631).

 

Il était juriste, savant pieux et vertueux, il apprit le Coran de l’Imâm Abî Al-‘abbâs Ahmad fils du juriste Sidi ‘Uthmân Al-lamtî, il apprit les sept lectures (al-qirâ’t) de l’Imâm Abî Al-‘abbâs Ahmad Al-kafîf puis de l’Imâm et savant Abî ‘Abdillah Muhammad Al-sharîf Al-marrî at-tilimsânî.Il apprit la grammaire de plusieurs grands savants de son temps comme le Mufti de Fès : Abû ‘Abdillah Ibn Al-qâsim Al-qassâr Al-qaysî et l’Imam Ibn Al-qâdî…

Il prit les sciences du hadîth de l’Imâm Al-qassâr, de l’Imâm Ibn ‘azîz, de l’Imâm Ibn Al-qâdî, de l’Imâm Safiyy Ed-dîn Muhammad Ibn Yahyâ Al-‘Izzî Al-shâfi‘î en orient (lors de son pèlerinage en 1008 de l’hégire) et de beaucoup d’autres.
Il étudie le Muwatta’ de l’Imâm Mâlik avec l’Imâm Sidi Abî ‘Abdillah Muhammad Al-jinân, et Shamâil At-tirmithî avec l’Imâm et Shaykh Sidi Abû Al-hasan ‘Ali Al-btîwî.
Il avait accumulé des connaissances en science du Coran, en grammaire, en interprétation du Coran, en logique, en mathématique, en Usûl et en plusieurs autres disciplines. Parmi ses disciples et élèves les plus connus : Abû ‘Abdillah Muhammad Ibn Ahmad Mayyâra (auteur du « Ad-durr Ath-thamîn wa al-mawrid al-mu‘în : sharh al-murshid al-mu’în ‘alâ ad-darûrî min ‘ulûm ed-dîn » qui commente et explique généreusement le matn d’Ibn ‘âshir), le Shaykh ‘Abdelqâdir Al- fâsî, Abu Al-‘abbâs Ahmad Ibn ‘Ali As-sûsî…

Il était un ascète, un mudjâhid et un soufi pieux.

Parmi ses ouvrages : « le matn : Al-murshid al-mu‘în ‘alâ ad-darûrî min ‘ulûmi ed-dîn » : qui eut un succès important au Maghreb où il fut appris et récité dans les assemblées et dans les mosquées, « Tanbîh Al-khillâni fî ‘Ilmi rasmi Al-Qur-ân », « ’Ilmu Ar-rub‘i al-majîdi », « shifâu al-qalbi al-jarîhi fî sharhi burdati al-madîhi » et d’autres…

Pour plus de détails sur la biographie de l’auteur : « Ibn ‘âshir » : voir : « Salwatu Al-anfâs » : tome II : p : 274-276 ; « rayhânu al-adabi » tome 8 p : 88 et « Al-a‘lâm » : auteur : Az-zarkalî : tome 4 : p : 175.

Le matn (ci joint en format PDF) comprend l’essentiel de la doctrine Malikite présentée sous forme de poèmes. Ce recueil de poèmes précis et simple est récité dans les assemblées dans certains pays musulmans de doctrine malikite. Le matn d’Ibn âshir fut commenté et expliqué par son élève Muhammad Ibn Ahmad Mayyâra et par d’autres .

Vous pouvez télécharger aussi le matn en arabe sur le lien:
Ibn ‘Ashir

al_mourchid_al_mou3ine.pdf al_mourchid_al_mou3ine.pdf  (998.37 Ko)

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2 commentaires pour Ibn Ashir Al Maliki et le sadl

  1. Abdelkrim dit :

    Je cherche mon ebnou acher en français

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