La position des mains dans la prière par Sheikh Ibrâhîm Julhûm

La position des mains dans la prière

Question

J’ai aperçu un jeune homme qui, pendant la prière, a mis sa main droite sur sa main gauche en haut de sa poitrine sous son cou, comme s’il s’étranglait. Il a fait cela dans les quatre cycles de prière (raka`ât) qu’il a accomplis. Lorsqu’il a achevé sa prière, je lui ai dit : « Mon fils, la position de la main droite sur la main gauche pendant la prière n’est pas comme tu l’as fait. » Il m’a répondu que cela est prouvé par certains hadiths, mais il a été incapable d’en citer les sources. Merci d’expliquer la position de la main droite sur la main gauche pendant la prière. Et qu’en est-il concernant le fait de laisser ses bras retomber le long du corps pendant la prière ?

Réponse de Sheikh Ibrâhîm Julhûm

Il est recommandé (mandûb) de mettre la main droite sur la main gauche pendant la prière. Vingt hadiths nous sont parvenus à ce sujet. Sahl Ibn Sa`d — que Dieu l’agrée — rapporte par exemple : « Les gens étaient tenus de mettre leur main droite sur leur main gauche pendant la prière. » Abû Hâzim, que Dieu lui fasse miséricorde, dit : « Ce que je sais, c’est qu’il tient cela du Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui. » – rapporté par Al-Bukhârî. Selon Jâbir, que Dieu l’agrée : « Le Messager d’Allâh, paix et bénédiction de Dieu sur lui, est passé à côté d’un homme qui priait en ayant mis sa main gauche sur sa main droite. Le Prophète — paix et bénédiction de Dieu sur lui — l’a tirée et a mis sa main droite sur sa main gauche » — rapporté entre autres par Ahmad. D’après l’Imâm An-Nawawî la chaîne de narration de ce récit est authentique.

Concernant la position des mains sur le corps, selon les juristes hanafites, elles sont placées sous le nombril ; selon les juristes shâfi`ites, au-dessus du nombril ; et pour Ahmad, il y a deux opinions, conformes aux deux écoles précédentes. Selon At-Tirmidhî — que Dieu lui fasse miséricorde—, les gens de science parmi les Compagnons du Messager de Dieu, ainsi que les Successeurs et ceux qui les ont suivi, jugent que l’on doit mettre la main droite sur la main gauche dans la prière. Certains ont dit qu’elles sont à placer au-dessus du nombril, d’autres ont estimé qu’elles sont à mettre en-dessous du nombril, et tout cela est valable pour eux. Wâ’il Ibn Hajar dit : « J’ai prié derrière le Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui ; il a mis sa main droite sur sa main gauche, sur sa poitrine. » — rapporté par Abû Khuzaymah dans son Sahîh.

Quant à ce qu’a dit le jeune homme au sujet d’un hadith qui aurait stipulé le positionnement de la main droite sur la gauche sous le cou, cela est incorrect selon Ibn Kathîr. Et nous disons que, puisque cela est incorrect, il n’est pas permis de le faire, la meilleure guidance étant celle du Prophète Muhammad, paix et bénédiction de Dieu sur lui, ainsi que celle de ses Compagnons et de ceux qui les suivent avec sagesse et bienfaisance. Et celui pour qui Dieu veut le bien, Il lui accorde une compréhension profonde de la religion.

Quant au fait de laisser les bras retomber le long du corps pendant la prière, il a été rapporté selon Mu`âdh Ibn Jabal, que Dieu l’agrée : « Lorsqu’il priait, le Messager de Dieu, paix et bénédiction de Dieu sur lui, levait ses mains jusqu’à ses oreilles, puis lorsqu’il disait « Allâhu akbar« , il les laissait retomber. Et parfois, je le voyais mettre sa main droite sur la gauche. » Cela prouve qu’il est permis d’allonger les bras le long du corps pendant la prière.

En résumé, mettre la main droite sur la main gauche sous le nombril ou au-dessus du nombril sous la poitrine, est une sunnah pour la majorité des juristes. Pour, les mâlikites c’est recommandé tant que cela n’est pas fait dans le but de prendre appui, mais le fait d’allonger les bras le long du corps est également permis. Pour ce qui est de mettre les deux mains à la base du cou, qui est l’endroit où on trouve généralement le pendentif d’une chaîne, cela n’est parvenu par aucune voie correcte. Il convient à celui qui prie de l’éviter et de s’attacher au hadith du Prophète, paix et bénédiction de Dieu sur lui : « Priez comme vous m’avez vu prier. » — rapporté par Al-Bukhârî.

P.-S.

Traduit du livre Fatâwâ Islâmiyyah (Avis juridiques islamiques), pp. 17-18, volume 1, du savant et dévot, Sheikh Ibrâhîm Julhûm, Sheikh de la Mosquée d’As-Sayyidah Zaynab au Caire. Livre agréé par l’Académie des Recherches Islamiques d’Al-Azhar en 1995.

 

Biographie de Sheikh Ibrâhîm Julhûm

Ibrâhîm Jalhûm (1927 – 2003)

Prédicateur pendant près d’un demi-siècle dans diverses mosquées d’Égypte, Sheikh Ibrâhîm Jalhûm fut une figure saillante de l’exhortation au bien et de la prédication à Dieu avec sagesse et clairvoyance. La Mosquée d’As-Sayyidah Zaynab fut sa dernière destination parmi les mosquées où il fut chargé de prédication et d’imamat. Il y passa quarante ans, si bien qu’il devint une figure incontournable de la mosquée…

Sheikh Ibrâhîm Ad-Dusûqî Muhammad Jalhûm naquit le 9 février 1927 à Dayrab Najm, dans la province de Sharqiyyah, en Égypte. Il mémorisa le Noble Coran, puis étudia à l’Institut Azharite de Zaqâzîq. Quelques années plus tard, le Sheikh se dirigea vers la capitale où il suivit les cours de la Faculté des Fondements de la Religion. Il obtint le haut diplôme d’Al-Azhar en 1954, puis ses études furent couronnées en 1956 par le prestigieux diplôme de la ‘âlamiyyah d’Al-Azhar.

Premier au concours de prédication organisé par le Ministère des Biens de mainmorte, Sheikh Ibrâhîm Jalhûm fut nommé, en avril 1957, imam de la Mosquée d’As-Sayyidah ‘Â’ishah. Quelques mois plus tard, il fut chargé de prédication à la Mosquée d’As-Sayyidah Sakînah. Ces stations, effectuées dans deux mosquées du Caire où reposent de nobles figures parmi les Gens de la Demeure Prophétique, furent suivies par un séjour dans la région de la Mer Rouge où il fut chargé d’exhortation. L’émotion qui se dégageait de ses sermons ainsi que ses nobles manières lui valurent une place privilégiée dans le cœur de son audience dans les villes qu’il visita.

Au début des années 1960, il visita le Liban pendant le mois de Ramadân et fut chaleureusement accueilli par les institutions islamiques du pays. En 1962, il se dirigea avec une assemblée de savants égyptiens vers la Tanzanie pour donner des prêches pendant les soirées du mois de Ramadân.

En 1963, Sheikh Ibrâhîm arriva à sa dernière destination : il fut nommé à la Mosquée d’As-Sayyidah Zaynab, la petite fille du Prophète. Depuis cette date, il dédia sa vie au service de cette mosquée et à l’enseignement. Plus qu’un imam et un savant de confiance, Sheikh Ibrâhîm fut un père, un frère, un ami et un conseiller pour les fidèles qui fréquentaient la Mosquée d’As-Sayyidah Zaynab. Au delà du rôle éducatif et religieux que le Sheikh accomplissait au sein de la mosquée, ses activités s’étendaient dans le tissu social de son quartier cairote pour réconcilier les gens, aider des couples à retrouver la paix, rapprocher les cœurs et soutenir les personnes en difficulté. Le lien affectif entre le Sheikh et son audience le poussa à plusieurs reprises à décliner des propositions d’enseigner à l’étranger.

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Mosquée d’As-Sayyidah Zaynab au Caire

En 1991, le Premier Ministre égyptien le nomma Grand Imâm et Recteur de la Mosquée d’As-Sayyidah Zaynab. Un an plus tard, il fut décoré de la Médaille des Arts, de La Littérature et de la Science de première catégorie par le Président Muhammad Husnî Mubârak.

Il prêtait beaucoup d’attention aux jeunes et veillait à les orienter vers le chemin de la droiture et de la soumission à Dieu. Voyant en eux l’énergie du futur, Sheikh Ibrâhîm leur prodigua de nombreux conseils à travers ses sermons et ses cours et encouragea les familles à inculquer les valeurs de l’islam à leurs enfants, tout en étant attentives à leurs problèmes et en les entourant d’affection.

Par ailleurs, il accordait beaucoup de soins aux jeunes prédicateurs et les encourageait à persévérer dans cette mission difficile qui constitue le prolongement de l’effort des Prophètes – paix sur eux.

Enfin, outre les diverses activités d’exhortation et la supervision de la Mosquée d’As-Sayyidah Zaynab, il est auteur et co-auteur de plusieurs ouvrages qui reflètent sa sagesse et son amour ardent pour le Messager de Dieu et les préceptes de l’Islam. Parmi ses ouvrages, citons :

  1. Mu`jizât Ar-Rasûl wa Dalâ’il Nubuwwatih (Les Miracles du Messager et les Preuves de la Véridicité de sa Mission). Cet ouvrage, co-rédigé avec Sheikh `Abd As-Salâm Hammâd, est la source de notre exposé sur les miracles matériels du Prophète Muhammad, paix et bénédiction de Dieu sur lui.
  2. Hayât As-Sayyidah Zaynab (Vie d’As-Sayyidah Zaynab), ouvrage biographique co-rédigé avec Sheikh Abd As-Salâm Hammâd. Cet ouvrage retrace des éléments de la vie bénie de cette dame issue des Gens de la Demeure prophétique qui ont honoré l’Égypte par leur séjour.
  3. Adwâ’ min As-Sunnah (Lumières de la Sunnah).
  4. Fatâwâ Islâmiyyah (Avis juridiques islamiques) propose une sélection de questions posées au Sheikh pendant sa carrière et les réponses qu’il a formulées.
  5. Yawmiyyât Muslim (Journal d’un Musulman) est un ouvrage en cours d’impression.

Après une vie au service de l’Islam, il retourna à Dieu en septembre 2003. Que Dieu lui fasse miséricorde.

 

source : http://www.islamophile.org/spip/La-position-des-mains-dans-la.html

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