La position des bras au cours de la prière : SADLU ou QHABDU ? – Daara Serigne Mor DIOP

sadl afrique de l'ouest

3.3.3 – La position des bras au cours de la prière : SADLU ou QHABDU ?

             Certains musulmans font leur prière, les bras croisés (généralement la main droite posée sur la main gauche) au niveau de la poitrine ou au niveau du nombril. C’est cette position qui est  appelée Qhabdu et qui est très répandue dans certains pays arabes et asiatiques.

Ici en Afrique de l’ouest, en particulier au Sénégal, la majorité des gens prient les bras, le long du corps, dans leur position naturelle. C’est cette position qui est appelée SADLU et qui est la position défendue par Imam Maalick comme on le verra plus loin.

En attendant de revenir de façon détaillée sur ces deux notions à l’occasion d’une publication, il convient de dire que ces 2 attitudes ne sont ni des actes obligatoires (faratas), ni des sounnas mou-akadatounes (sounna sémi-obligatoires) et qu’à ce titre la non observation de l’une ou l’autre de ces attitudes ne constitue une cause de nullité de la prière.

L’auteur de Minhajoul-muslim Aboubakar Djaber al djazair qui vit pourtant en Arabie Saoudite, à Médine, classe le qhabdu parmi les sounnas dites « légères » (sounnas you woyof).

Donnons ici cependant quelques premiers éléments de référence expliquant le pourquoi de la position prédominante du Sadlu (bras le long du corps) dans nos pays.

Le Sénégal et les pays environnants (Afrique de l’ouest et Afrique du Nord) pratiquent leur religion sur la base du rite dit malikite dont le fondateur est Malick ibn Anas. Imam Malick ibn Anas est né à Médine en l’an 97 de l’hégire et mourut vers l’an 179 (796 calendrier grégorien). Il vivait à Médine et enseignait dans la mosquée du Prophète (sallal Laahou aleyhi wa sallam) adossé sur son mausolée.

 

Les autres rites ont pour fondateurs :

– Abu Hanifa (originaire de koûfa en Iraq), mort vers l’an 150 de l’hégire (ou l’an 767 du calendrier grégorien), très répandu en Turquie, Pakistan, Inde.

– Chaafi (Mouhammad ibn Idris al Chaafi) né à Gaza en Palestine vers l’an 118 de l’hégire, mort vers 204 de l’hégire en Egypte (ou 820 calendrier grégorien). Son rite prévaut surtout en Egypte, Malaisie, Indonésie.

Ahmad ibn Hanbal ancien disciple de Chaafi, né à Baghdad et mort dans cette même ville en l’an 242 de l’hégire (855 calendrier grégorien). Ses enseignements ont prévalu en Syrie, Arabie, etc…

Ibn Hanbal a été disciple de Chaafi qui lui même a été disciple de l’imam Malick.

            Abu Hanifa bien que plus âgé que l’imam Maalick lui même, a recueilli une quarantaine de hadices auprès de Imam Malick. Ces relations montrent aisément la place de l’imam Maalick au sein de ces 4 écoles dites orthodoxes ; pour ne pas dire la suprématie de son enseignement.

Ces précisions ayant été fournies, nous nous reporterons principalement à 2 références qui font une synthèse des sources sur lesquelles s’appuient les tenants de la position Sadlu. Il s’agit de :

            – Rissalatoune moukhetassaratoune fii sadli « condensé pertinent sur le Sadlu » du Docteur Abdoul Hamiid ibn Moubaaraak ibn Abdil Latiif aala Cheikhi Moubaarak

             – « Kitaabou sabiili salaam fii difaa-i ane tariiqhi saadatiss-soûfiyati kiraam » par El Hadj Al Makiyyi Abdoullaahi at-tijaani.

Les 2 livres s’appuient eux-mêmes sur les sources ci-après :

* Kitaabou machehoûriyata sadli wal irsaali fii mazehabi imaami madiinati seydil irsaali par Mouhammad ibn Qhaasim al Qhaadirii al Wazaani.

* Nousratoul faqhiihi saalik ala mane anekara machehoûriyata sadli fii mazehabi maalik par Cheikh Mouhammad ibn Yoûssouf al Kaafi.

            * Qhaweloul fassli fii ta-yidi sounnati sadli par Cheikh Mouhammad Aabid mouftil maalikiyati bi diyaaril hidjaaziya.

             * Djame-(oul) fawaa-idi mine djaamil oussoûli wa madjema-ou zawaa-idi de Haafiz Mouhammad ibn Souleymaane A-rawe daani.

* Et bien d’autres, c’est le cas de Taarikhi bagdaad de Khathiib.

Il ressort de ces sources ci-dessus évoquées :

1°) Imam Maalick bien qu’ayant rapporté un hadice relatif à la position Qhabdu dans son fameux livre « Al Mouwata » a répondu à son disciple ibn Qhaasim lorsque celui-ci lui a posé la question au sujet de la position Qhabdu (bras croisés) par la sentence suivante: « Laa aarifouhou fil fardi »

Traduction : « je n’ai pas connaissance de cette position en ce qui concerne les prières obligatoires (fard) ».

Ceci est rapporté dans Al Moudawwanah de ibn Qhaassim

Pour Imam Maalick la position qhabdu était une position plutôt appliquée lors des prières surérogatoires (naafilas) car il faut savoir que le Prophète (Sallal Laahou aleyhi wa sallam) et ses compagnons faisaient des naafilas de très longue durée à l’image de Seydinaa Ousmane ibn Affan qui chaque nuit faisait 300 raakas et récitait tout le coran dans sa prière de witr.

Aisha, radiyal Laahou anehaa, rapporte que le Prophète (sallal Laahou aleyhi wa sallama) se tenait debout si longtemps que ses pieds s’enflaient.

Ce qui « colle bien » avec l’interprétation de Imam Malick quant au hadice rapporté dans son livre Al Mouwata à propos du qhabdu et qui s’énonce ainsi :

            « On recommandait aux homme de poser leur main droite sur leur main gauche lors des prières » rapporté par Abdoullaahi ibn Maslamata qui le tient de Maalik qui le tient de Abi Haazim qui le tient de Sahl ibn Sa(h)d.

Précisons que Imam Maalick a rapporté dans Mouwata plus de 70 hadices dont il n’a appliqué aucun. Ce hadice en fait partie, la raison est que ces pratiques ou sounnas rapportées dans ces hadices ont été tout simplement abandonnées (manessoukh) au profit d’autres : le Prophète ( sallal Laahou aleyhi wa sallam ) même s’il les a pratiquées à un certain moment, les a abandonnés à la fin de sa vie (référence fatawil Iliyiis). C’est le cas par exemple de l’acte de lever les mains en faisant les simples kabbars autre que le kabarou armal. Nous y reviendrons à la fin du paragraphe.

Leïss ibn Sa(h)d soutient lui aussi que la position qhabdu n’était adoptée que lors des prières surérogatoires lorsque celles-ci se prolongeaient.

Imam Maalick toujours selon les sources citées ci-dessus a vécu avec 300

taabi-iines ou suivants c’est à dire la génération des gens qui sont nés après la disparition du Prophète (sallal Laahou aleyhi wa sallam), mais qui ont vécu avec ses compagnons (on les appelle pour cela « les suivants »), et d’après Imam Maalik aucun d’eux ne priait en position qhabdu.

Imaam Maalick lui même fait partie de la génération qui vient après les « suivants » (taabi-taabi-iines).

Or, tous ces gens n’ont fait qu’imiter les compagnons du Prophète qui ont vécu avec lui et qui souvent étaient leurs propres pères.

Illustrons ces propos :

– Evoquons le cas de Abdoulaahi ibn Zoubeïr, qui fut le 1er bébé à naître à Médine chez les Mohaadjiriines (No(h)man ibn Bachiir étant le 1er bébé à naître parmi les ansars). Il a été « baptisé » par le Prophète (sallal Laahou aleyhi wa sallam) lui même. Il est né de Zoubeïr et de Asma la soeur de notre mère Aïcha, épouse du Prophète (sallal Laahou aleyhi wa sallam), toutes 2 filles de Ababakar Sadikh, 1er Khalife du Prophète. il était l’un des 4 Abdallah qu’on appelait les « ABAADILA » .

Les compagnons qui portaient le nom d’Abdalaah étaient très nombreux (près de 300). Mais 4 d’entre eux ont été « mis en exergue » en raison de leur longue vie après le Prophète et de leur science que les gens recueillirent.

Il s’agit de :

    

Abdoullaahi ibn Zoubeïr

            Abdoullaahi ibn Abass

            Abdoullaahi ibn Omar

            Abdoullaahi ibn Amr ibn Aas

 reconnus à Médine parmi les compagnons les plus érudits du Prophète (sallal Laahou aleyhi wa sallam), en particulier Abdoulaahi ibn Abass. Eh bien, d’après les textes cités en références au début du chapitre, Abdoulaahi ibn Zoubeïr priait les bras le long du corps et Abdoulaahi ibn Abass a témoigné, toujours selon les sources ci-dessus que : « La prière de Abdoulaahi ibn Zoubeïr est identique à celle du Prophète ( sallal Laahou aleyhi wa sallam) ».

« Salaatou Abdoulaahi ibn Zoubeïr, hiya salaatou Rassoûlillaahi »

Les mêmes sources citent ce faisant des taabi-ines, parmi les plus érudits  qui priaient les bras le long du corps (sadlu) :

– Sa-ii-d ibn Moussayab (le plus savant des taabi-ines)

– Ibnou Siriin

– Hassanoul Bassri

– Leiss ibn Sa(h)d

– Aw-zaa-i

– etc…

Revenons pour terminer aux hadices évoqués par les sources citées plus haut sur le sadlu :

Abi houmeïdi -as-saa-idi : encore appelé Aba Hamiid as-saa-idii a décrit devant 10 compagnons du Prophète parmi lesquels Abou-Qhataadata comment le Prophète priait. Il a décrit en détail la prière du Prophète (sallal Laahou aleyhi wa sallam), sans mentionner une seule fois un quelconque Qhabdu (rapporté par Bokhaari – Ahmad – Abou Daoud – Tirmizzi – Baï Haqhi – Ibn Djaroud).

Moaz ibn Djabal : de même a décrit la prière du Prophète (sallal Laahou aleyhi wa sallam), en précisant qu’il priait en position Sadlu.

La chaîne de ce hadice est le suivant :

Abdourahmane ibn Ghounaïmine rapporte de No(h)mam ibn Nou-(aï)nine qu’il tient de Khassiib ibn Djahdar qui tient de Mahboub ibn Hassan al Qhoureïchi qu’il tient de Saalih ibn Abdillaahi At-tirmizzi qu’il tient de Moaz ibn Djabal.

Source : Tabraanii (Mou(h) Djamoul Kabiir)

            Source : LA PRIERE DU MUSULMAN

Disponible ici : LA PRIERE DU MUSULMAN DIOULI

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